Le secret

Allez, très cher, partons maintenant très loin, là où nous ne serons plus que deux, unis dans les profondeurs des abîmes, exceptionnellement teintées pour nous d’un pourpre sublime. Couleur de la passion et de la folie. Ne serait-ce que le temps d’une vie…
Le 21 Mars 2017
L’armure

Tu voulais m’emmener au vent
Et m’emmener au dessus des gens.
Où notre amour était éternel,
Fallait que je me rappelle,
Que notre amour n’était pas artificiel.
Mais avec la vie, le temps, les vents,
Nous ne sommes allés plus loin que ces gens.
Où l’amour n’est qu’un temps éternel,
Fallait que je me rappelle,
Mais beaucoup trop compliqué, j’me rappelle.
Alors j’ai offert à mon coeur une armure,
Pour le protéger, panser ses blessures,
Assez forte pour contenir cette pluie en démesure.
Alors j’ai offert à mon coeur une armure,
D’où il apprend, accepte et mesure,
Que ces monstrueuses pluies l’apaisent au fur et à mesure
Je profite ainsi de l’orage,
Qui au plus profond de lui fait rage,
Pour balayer tout de toi, ton image.
Et si un jour la brume réapparaît,
Que sa vision se trouble, se tait,
Je me ferai tempête,
Pour que tu disparaisses à jamais de sa tête.
Et puis un beau jour,
J’enlèverai de mon coeur cette armure,
J’entendrai à nouveau son doux murmure,
Sentirai son doux parfum à en oublier le tien.
Et puis un beau jour,
J’enlèverai de mon coeur cette armure,
Quand sans toi, sans peur, sans haine ni blessure,
Il en oubliera ton parfum, pour ne ressentir plus rien.
Décembre 2019
Le monde

J’avance dignement dans les tranchées de la vie,
Toujours courageuse, fière, forte et en vie.
Ne perdant jamais de vue cette lumière, espoir divin,
Je continue à avancer, bien que pénible soit le chemin.
Dans les plus sombres abîmes
Je passe toutes mes nuits,
J’y dors, rêve et hurle sans bruit.
Et les ténèbres, qui un peu plus m’enserrent
Chaque jour, me paraissent plus paisibles
Que ces lueurs aveuglantes, qui me serrent,
Blessant mon âme, froides et insensibles.
Le 1er Mai 2017
Le temps

Il est bien aisé d’accorder du temps à l’autre quand on en a à revendre. Mais il y a cet infime temps que l’on accorde à l’autre, sans en avoir pour autant. Ce temps qui n’a pas de prix. Ce temps qui vaut bien mieux que l’infini. Précieux temps que mon coeur envie….
Le 29 Août 2016
La vie

Aride, cruelle et maudite sécheresse,
Qui berce inexorablement mon coeur.
Où nulle eau, nul torrent, nulle rivière,
Ne traverseront jamais plus par erreur,
Les gorges de ce paysage si fière,
Dont les traits, avec le temps jouent de paresse.
Majestueux paysage de solitudes,
Où la raison à repris ses saines habitudes,
De lieu, asséché et meurtri, où toujours d’ennui,
Se meurt, se protégeant du véritable ennui,
Ce coeur, ne rêvant que de monstrueuses pluies,
De tempêtes, d’orages, d’eau, de vies…
Le 31 Juillet 2017
La pomme

Qui n’a pas, un jour souhaiter
Croquer la vie à pleine dent?
Moi, c’est elle qui est en train de me bouffer.
Chaque jour que ce dieu fait, elle me becte.
De mon corps, de tout mon être, elle se délecte.
Elle aurait pu, bien-sûr, emporter mon âme,
Et me laisser dévorer par des vers infâmes.
Mais elle s’est ainsi, avec dédain, attablée,
Couteau et fourchette , dans ses mains, empoignés,
Le premier dans mon petit coeur elle a planté
Et puis le second arrache avec détermination
Chaque organe en faisant bien attention,
A ne point donner l’ultime résolution.
Le 17 Fevrier 2016
Eva

Une mère c’est le trésor le plus précieux,
La mienne si seulement j’avais pu,
Je l’aurai extirpé du haut des cieux.
Mais j’ai eu beau implorer ce dieu,
Il ne voulut jamais me rendre,
La prunelle de mes yeux.
Ainsi toutes mes vaines prières
N’ont jamais atteint le dit Père,
Elles se perdirent au fond de l’éther,
Là, où toutes vont et se désespèrent.
Le 14 Novembre 2017
La Rose

Petite fleur à peine éclose,
Que déjà le bourdon s’y pose,
En lui volant le précieux aliment,
Indispensable à la petite enfant.
Son approche, tel un grondement,
N’annonce point pour elle le printemps.
Et sa non moins légendaire couleur,
N’est autre que cette vile noirceur.
Alors petite Rose sans défense,
Se flétrie peu à peu de l’intérieur,
A chaque instant que sonne la sentence,
Jusqu’à ce qu’à la fin, elle ne se meurt.
Le 27 Octobre 2015
La Bastille
Valence, 12 Grand Rue,
Une vaste et une immense étendue,
D’âmes, à souhait imbibées,
De diverses liqueurs empoisonnées,
Dont votre précieux sommeil indiffère,
Et qui vocifèrent sous vos fenêtres,
A tous les habitants de cette sphère,
L’ignoble, l’immonde et vil mal être.
Tous ces braves soldats armés,
Qui prennent d’assaut la Bastille,
Et s’abreuvent de sang à s’en égosiller,
En oublient souvent leur petite dignité,
A coup de verres qu’ils enquillent,
De façon bien démesurée..
Entre le malheureux amoureux transit,
Qui hurle le nom de son maudit poison,
La soeur aimante ne l’ayant jamais dit,
Clamant son amour sans raison,
Et les prétentions de l’absurde érudit,
Qui au lieu de s’abstenir choisit les nions!
Mon âme à coup de sceau d’eau les ferait bien taire,
Eux qui blasphèment le repos de cette terre.
Mais elle est abasourdie par tous ces maux dits.
Le 28 Novembre 2015

Entends-tu la vile ignominie,
Qui sévit par ici,
Et se terre par là,
Entends-tu ce maudit scélérat.
L’entends-tu marteler la frêle cavité,
Qui voudrait à chacun de ses coups céder,
Et laisser s’échapper, l’inopportun invité.
Devines-tu ce qu’au fond de tes triples,
Ce canibal de monstre t’extirpe.
Il vit en toi et se nourrit de tes entrailles,
stupide est espéré l’inégale bataille.
Parfois il a plaisir à se faire oublier,
Il feint la divine rédemption accordée,
Le cruel et vain espoir de meilleurs auspices,
Mais ce n’est là que trêve manipulatrice.